Le rôle du ministère des affaires étrangère (MAE) pour promouvoir la langue et la culture française après la seconde guerre mondiale jusqu’aujourd’hui

by Waqar Arshad

Des grandes lignes de la politique de coopération linguistique et éducative de la France, l’institution française la plus importante. Ses diverses transformations au cours du dernier demi-siècle témoignent de l’adaptation de l’institution ministérielle à l’évolution du monde.[1]

En Europe, au XIXe siècle, le français devient une langue diplomatique de premier plan; en plus d’être apprise par l’aristocratie elle s’exporte dans les colonies. La Seconde Guerre mondiale constitue un tournant, en raison de l’assassinat des élites francophiles en Europe de l’Est, qui résulte la montée de l’anglais comme langue internationale commune.[2]

La Première Guerre mondiale a aussi participé à la francisation de la France, des hommes de toutes les régions se retrouvant ensemble à combattre avec comme seule langue commune le français, la francisation s’est donc encore amplifiée durant la Première Guerre mondiale.[3]

C’est le 13 avril 1945 que fut créée une Direction générale des relations culturelles et des œuvres françaises à l’étranger parce que le gouvernement de l’époque avait conscience que, face à l’expansion prévisible de la langue anglaise et de l’influence américaine dans le monde, la langue et la culture devaient être un des atouts importants dans la période nouvelle qui s’ouvrait après la Seconde Guerre mondiale.[4]

Le Directeur de la Coopération internationale et du Développement au ministère des Affaires étrangères dit que :

« La promotion de la langue française dans le monde est un axe important du développement, pour deux raisons : c’est un enjeu de diversité culturelle et linguistique mais aussi de développement. Les pays du Maghreb utilisent le français dans l’enseignement, notamment dans l’enseignement supérieur. À Madagascar, au Sénégal ou au Mali, pays parmi les moins avancés, le français est la langue de l’enseignement. L’objectif du millénaire de scolarisation primaire universelle est donc intimement lié à la diffusion du français et à la qualité de la maîtrise de cette langue par les enseignants ». (M. Philippe Etienne, le 31 janvier, 2007)[5]

Pour la promotion de la langue française. En 2006, le ministre des Affaires étrangères a annoncé un plan ambitieux de relance du français dans le monde, qui prévoit la création de pôles pédagogiques de référence au Maghreb, la formation de 10.000 nouveaux professeurs de français dans le monde, un recours plus systématique aux nouvelles technologies et l’intensification de la politique de soutien à la langue française au sein de l’Union européenne.

Ce plan poursuit cinq objectifs :

  1. Permettre la diffusion des idées et des positions françaises en Europe et dans le monde, en remédiant notamment au recul de l’usage du français au sein des institutions de l’Union européenne.
  2. Contribuer à la diversité linguistique et culturelle, défendue par la France sur la scène internationale.
  3. Soutenir le français, langue du développement dans de nombreux pays francophones où elle est la langue des apprentissages fondamentaux, moyen de communication nationale et d’intégration régionale, et voie d’accès aux enceintes internationales.
  4. Combler le déficit de professeurs de français à l’étranger, en particulier dans les pays du Maghreb.
  5. Accompagner les efforts des entreprisse françaises sur les marchés extérieurs en contribuant à créer un environnement favorable aux exportateurs et aux investisseurs français.

Ce plan de relance de la langue française dans le monde s’inscrit dans le cadre d’une politique de promotion de la diversité destinée à agir face aux menaces d’uniformisation culturelle et linguistique. Son succès dépendra de la mise en œuvre d’une combinaison d’actions concernant aussi bien l’enseignement que l’action culturelle, les entreprises, les médias, l’accès aux nouvelles technologies et l’aide au développement.[6]

Evolution du nombre de personnes apprenant le français
par continent en 2004 (hors France)

Europe
Amérique
Afrique
Asie
Océanie
Total
– 13,6 %
-9,6 %
+ 61,9 %
+ 48,8 %
+ 28,8 %
+ 29 %

Source : ministère des Affaires étrangères[7]

Aujourd’hui, après la Seconde Guerre mondiale, à travers le monde, la langue française rassemble près de 115 millions d’hommes et de femmes pour qui elle est la langue maternelle, 61 autres millions qui la maîtrisent partiellement et près de 89 millions de jeunes ou d’adultes qui ont fait le choix de l’apprendre. Ainsi, la communauté ayant le français en partage regroupe aujourd’hui sur les cinq continents près de 265 millions de personnes. Si la langue française emprunte des accents et revêt des statuts différents de Québec à Paris en passant par Tunis, Dakar, Djibouti ou Port-au-Prince, elle appartient à tous ceux qui la parlent, qu’ils l’aient reçue en héritage ou qu’ils aient choisi de l’apprendre.[8]

L’avenir de la langue française et culture reposera de plus en plus sur les pays, et plus particulièrement sur l’Afrique et l’Asie; ses destins seront de plus en plus liés à des contextes nationaux plus multilingues et multiculture.

Référence

[1] Cuq, Jean, and Isabelle Gruca. “Le champ du français langue étrangère et seconde.” In Cours de didactique du français langue étrangère et seconde. [Nouvelle édition revue et augmentée] éd. Grenoble: Presses universitaires de Grenoble, 2009. 25.

[2]”Français – Wikipédia, l’encyclopédie libre.” Wikipédia, l’encyclopédie libre. http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ais (sur le novembre 18, 2012).

[3]”Français – Wikipédia, l’encyclopédie libre.” Wikipédia, l’encyclopédie libre. http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ais (sur le novembre 18, 2012).

[4] Cuq, Jean, et Isabelle Gruca. “Le champ du français langue étrangère et seconde.” In Cours de didactique du français langue étrangère et seconde. [Nouvelle édition revue et augmentée] éd. Grenoble: Presses universitaires de Grenoble, 2009. 25-26.

[5] SCHNEIDER, André. “N° 3693 – situation de la langue française dans le monde.” Assemblée nationale. http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i3693.asp (sur le novembre 18, 2012).

[6] SCHNEIDER, André. “N° 3693 – situation de la langue française dans le monde.” Assemblée nationale. http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i3693.asp (sur le novembre 18, 2012).

[7] SCHNEIDER, André. “N° 3693 – situation de la langue française dans le monde.” Assemblée nationale. http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i3693.asp (sur le novembre 18, 2012).

[8] DGLFLF. “La langue française dans le monde.” Délégation générale à la langue française et aux langues de France. http://www.dglflf.culture.gouv.fr/publications/francais-monde.pdf (sur le novembre 19, 2006).

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